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L'usure territoriale, installation sonore et gravure sur bois, 2014.
 

 

 

Crédit photographique : Pierre Baumann

L’exposition La chaleur de l’usure décrit une brûlure, un amour de l’art. L’usure est issue du frottement et tout frottement dégage de la chaleur. C’est un principe mécanique évi-demment. Érotique absolument. Chaleur physique ou morale, moléculairement et mentalement agitée. L’usure, c’est du mouvement et de la concentration : c’est du fret, de la politique et de l’économie. Des corps, des images, de l’argent, des objets, du numérique, des pensées, du temps.

L’usure est à la fois réductive et excessive, à perte et à profit, positive et négative. Il y a renversement permanent des valeurs. On bascule donc dans une économie relative basée sur des critères de mouvement, de transmission et de déperdition/fructification des énergies.

Un commissariat de : Pierre Baumann et Amélie de Beaufort.

De Markten, Oude Graanmarkt 5, Brussel, du 07/11 au 20/12/2014.

Une fois, au temps où on allait bûcher, ils ont interdit l’accès de la route en mettant une barrière.
A partir de 5h du soir, personne ne pouvait passer. Moi, je n’étais pas d’accord. Je me suis dit : « Le Blanc ne m’interdira pas mon territoire. Je vais casser la barrière.» La fermeture se trouvait là où est la barrière. C’est mon territoire, ici. Le Blanc ne me mènera pas par le bout du nez. Puis j’ai pris ma hache. J’ai frappé en plein dans la fermeture et je suis passé. Je me suis dit : « Je ne mourrai pas ici.» Mes enfants sont là-bas, si je tombais malade dans le bois la barrière ne m’empêcherait pas de passer
J’ai tout ce qu’il faut pour faire sauter une barrière. C’est ça, la clé dont l’indien se sert. L’indien sait tirer partie de tout. Il sait construire un canot. Il peut tuer avec son fusil. Voilà ce que je ferais si on m’empêchait de passer. Qui peut s’arroger le droit de barrer une route en territoire indien ? Le Blanc veut nous interdire l’accès à notre propre pays. Comment pourrait-il ? En pays étranger, on ne touche à rien, nous. Ce serait peine perdu de me demander si je risque d’être puni. Ne craignez rien. On ne peut pas vous punir. C’est notre pays. Ils vont tenter d’effrayer tous les indiens. Tous. Tous ! «on vient te tuer!» qu’ils diront Voici ma hache. Je l’ai toujours avec moi. Comme mon fusil. N’ayez crainte, je ne tuerai personne. On ne nous a jamais enseigné à tuer un être humain. On nous l’a toujours défendu. Il n’y a que l’animal qu’on nous permettait de tuer. Le Blanc ne pourra jamais nous interdire de tuer les animaux. Il ne pourra pas nous imposer ses catégories. On sait tuer le gibier sans le gaspiller. C’est vous, les Blancs, qui gaspillez tout. Regardez aujourd’hui. Regardez autour de vous.
Examinez chaque chose. On ne se contentera pas de regarder le soleil. C’est notre domaine, notre territoire. Voilà, c’est ce que je pense. Réfléchissez, vous aussi.

[extrait du film La conquête de l’Amérique par Arthur Lamothe, 1992]