Dans l’installation LES UNITÉS, j'explore, à travers les notions de cohabitation dans le cadre de l'image et de distance entre les corps, le potentiel de récit inscrit dans la gestuelle corporelle. Pour produire ce récit parcellaire, j’ai demandé à une somme d’individus de traverser l’espace cadré par ma caméra dans la Galerie de l’UQAM. Ces individus, je les ai sélectionnés par affiliation géographique au lieu de tournage. Je me suis intéressé aux populations satellites d’un tel lieu. Outre les étudiants et les enseignants, qui « habitent » un tel espace ? J’ai donc invité concierges, agents de sécurité, errants, jeunes « skateboarders » etc. à déambuler dans mon dispositif de tournage in situ. En maintenant le même cadrage, cela me permet de rejouer l’ordre de passage des marcheurs et de construire un récit de poursuite et de succession à travers l’opération du montage.
«Ayant utilisé le lieu d’exposition comme espace de tournage, l’artiste a filmé, un élément à la fois,des agents de sécurité, des cyclistes, des employés d’entretien, un chat, des bouts de papiers, ainsi que de la fumée et il les fait se rencontrer à l’écran, dans un récit imaginaire. Entre tous ces passants prennent place des jeux de cache-cache et d’imitation, des moments de poursuites, de bifurcations et d’arrêts. (…)L’installation montre également l’écart qui existe entre l’expérience d’un lieu et sa représentation vidéographique. Ici, les images et les sons s’inscrivent donc entre la tricherie et des effets de réel afin de projeter l’attention du visiteur sur le lieu dans lequel il se trouve.» extrait du communiqué de presse. |