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Motus animi continuus (Mouvement perpétuel), 2015.
installation vidéo et cinétique
 

 

 

Au croisement de la sémiologie et de l’ethnographie visuelle, le travail de Frédéric Lavoie se distingue par une attention marquée pour les récits, que ces derniers soient historiques ou fictifs, ou encore dans la zone grise où se rencontrent les faits et les croyances de tout ordre. Son approche à la fois contextuelle et thématique engage ainsi des recherches documentaires de longue haleine, permettant de cerner un sujet ou une problématique, sans toutefois chercher à en contrôler la lecture. À travers le brouillage structuré de divers registres narratifs, ses installations vidéographiques et sonores interrogent parallèlement la rencontre entre différentes formes de temporalités, notamment par l’usage de montages anachroniques et par la tension inévitable entre l’expérience de l’œuvre et celle que relate l’œuvre.
 
Dans la suite de ses récentes interventions artistiques, l’installation vidéographique Motus Animi Continuus (Mouvement perpétuel) présente un récit fictionnel réalisé à partir de collections d’images documentaires ou d’archives, principalement issues d’Internet. La question clé, celle des changements climatiques, implique toutefois un point de vue théorique et historique, alimenté par des recherches sur l’histoire du climat, les grandes mythologies apocalyptiques, les récits premiers de fin du monde (Noé, l’épopée de Gilgamesh, etc.), la philosophie (Timée de Platon) et la littérature (Les raisins de la colère de John Steinbeck).
 
Sans prétendre à une recherche exhaustive, l’artiste propose ainsi un montage visuel non dénué d’humour, mêlant la climatologie à la futurologie. La tendance transhistorique et transculturelle à imaginer le début du monde, mais aussi sa fin, se reflète selon l’artiste dans le travail actuel des climatologues, qui ont aujourd’hui pour rôle, malgré eux, de sonner l’alarme. C’est dans cette perspective que l’œuvre propose de brouiller les cartes, en mettant de l’avant une approche intertextuelle où la rencontre entre les discours scientifiques contemporains et les textes anciens plonge le spectateur dans un vaste  bassin de références culturelles. La question de l’empathie est ainsi déclinée sur notre rapport à la finalité de l’humain comme espèce, et donc nécessairement envers la pérennité de notre environnement commun.
 
Point de mire de l’installation, l’écran en rotation continue permet au spectateur de voir son reflet sur les pans miroitants qui composent l’envers de la présentation vidéographique. La lecture du récit invite donc au mouvement tout autant qu’il permet une prise de conscience de notre présence devant l’œuvre et, nécessairement, les questions qu’elle suggère.
 
Aseman Sabet
Commissaire
AIRES LIBRES